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MARIE-DO FREVAL

"J’espionne le monde. J’ai besoin d’être près de l’autre. J’aime être en tête à tête avec les gens qui racontent leurs histoires.

Lorsque Le Pen s’est retrouvé au 2e tour des élections, je me suis dit qu’il était nécessaire que je prenne la parole et que je sois au plus près des gens.

J’ai commencé par une forme cabaret. J’en ai écris la forme et j’ai fait appel à des auteurs pour en écrire les textes.

Et puis l’idée du feuilleton est arrivée.

En clin d’œil à la fédé, j’ai mis en place des rues libres tous les 2 mois. Je convoque un public à un rendez-vous. Je n’aime pas être incognito. Je veux que les gens viennent. Ça reste des spectacles. Le rendez-vous est précis et étudié. Le rendez-vous est écrit. Je reste convaincue que ces rendez-vous peuvent changer nos vies. Ces rendez-vous ont lieu par tous les temps. Le fait d’avoir froid… quelque chose surgit de l’inconfort.

Je ne vois pas l’intérêt d’exploiter un spectacle sur un nombre important de dates. J’ai toujours un autre spectacle en tête. Pour moi j’ai envie de « dire » là tout de suite. L’écriture c’est ce que je vais écrire demain et les spectacles joués, ce n’est pas important puisque c’est du passé.

 

Je ne sais pas faire sans le texte.

Je crée aussi des images mais je vois, je parle.

On a besoin de mots. De plus en plus d’ailleurs.

J’ai beaucoup écrit à partir d’interviews. Dans notre boutique, beaucoup de gens viennent nous voir. Ils déposent des choses dans notre boutique. On cherche à comprendre notre déséquilibre en tant qu’artiste, l’artiste est très proche de ceux qui sont « au bord ». Ces gens là viennent nous voir à la boutique parce qu’ils savent. On redonne toujours le matériel à l’autre.

Pour un travail sur le mariage, j’ai interrogé des femmes qui m’ont raconté le jour de leur mariage.

Je suis reliée aux gens et au territoire.

Il faut être dans une rapidité au monde.

Je fais avec la peur de ne pas savoir faire. Je peux écrire très tard, 15 jours à 3 jours avant  rueS libreS.

C’est comme un puzzle qui se met en place. Je travaille avec des fragments. J’ai des valeurs textuelles que je confronte au plateau. Puis je réécris, mais c’est lié au vivant. J’adore écrire avec des gens qui s’agitent autour. L’écriture doit travailler et passer par l’oral. Par le corps aussi.

L’histoire entre nous n’est jamais terminée. On doit se revoir. Et ce qui se tisse, c’est l’histoire essentielle, celle qui m’intéresse.

On peut m’accuser de « voler » la parole des gens mais la parole appartient à la rencontre. Ces personnes n’auraient peut-être jamais dit ce qu’elles ont dit sans ma rencontre. Si la parole est confiée à l’artiste c’est bien pour quelque chose.

On est tiré en arrière par le fait de vouloir tout garder. Pourquoi veut-on tout garder ?"